Samedi 7 juin 2008

Je ne sais pas vraiment quel extrait mettre cette fois-ci. Peut être aucun, parce qu'étant bientôt fini à la relecture, je vais peut être enfin envoyer mon livre à une maison d'édition avant la rentrée. ce serait bien...

Alors un extrait en images...

Si on peut appeller ça un extrait...





Je vous présente Barbara et le régent Louis

par Cha publié dans : Histoires
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Vendredi 2 mai 2008

-...Les blés ne redorèrent plus, ni l’année d’après, ni les vingt suivantes. Le sang qui a coulé cette nuit-là tache définitivement les sols et les âmes des survivants. Le narrateur de cette histoire, m’a confié son désir de ne plus jamais parler de haine ni de guerre.

Il est partit voilà de cela vingt et une années entières, et son récit me trouble toujours autant qu’en sa présence. Maudit sois-tu Yonann d’avoir jeté ce manteau d’horreur et de sang sur nous. Nos esprits sont frappés à jamais, et ta trahison traversera les âges.

Je jure de transmettre ce livre à tous mes descendant, qu’ainsi ils reprennent notre flambeau, et, par delà les âges, lèvent nos couleurs, tachées du sang du traître. Que flotte sur son empire le drapeau qu’il a voulu définitivement mettre en berne en ce Noir douzième jour d’Avril. Puisses tu mourir par l’épée même qui a ôté la vie à notre jeune et douce Eyena.

 

Jeryann l’écrivain

Le vingt-trois mai 1927

par Cha publié dans : Histoires communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 19 janvier 2008

Il existait, dans un ancien pays, un village, près d'une forêt. Et les adultes disaient ces bois hantés par une meute de loups affamés, chasseurs de la redoutables Fée aux larmes de diamants. Chaque soir, à la veillée, ceux-ci racontait une histoire qu'ils tenaient de leur grand-père, qui, lui même, le tenait du sien. La méchante Fée, disait-on, s'en prenait aux enfants, et les enfermait chez elle, pour les élèver comme les siens. Une fois adultes, elle les tuait, et celui qui prennaient leur place, les mangeait en repas de bienvenue.
Ainsi, les enfants ne s'aventuraient jamais dans le bois. Encore moins en dehors du village à la nuit tombée. Car, par peur des loups, les villageois avaient construit un immense mur pour se protéger.

Seulement, une enfant passait par le bois. Et souvent. C'était Alix, la petite gardienne d'oies. Elle était seule et avait étée adoptée par le village. Pour le remercier, elle gardait les bêtes toute la journée. Elle partait le matin tôt, emmenait ses bêtes aux champs, et revenait le soir. Souvent, on lui confiait une chèvre, où un mouton. Souvent, aussi, les gamins du village la brutalisait, l'insultait et lui lançait des pierres. Un jour, l'un d'eux lui fit croire que son petit frère était tombé au fond du puits. Charitable, elle voulut l'aider à l'en sortir. Mais lorsqu'elle se pencha pour regarder au fond, les gamins la poussèrent, et elle tomba. 

Le forgeron, qui avait vu faire, avait fait fuir les gosses comme une volée de moineaux, et était descendu la chercher lui même. Depuis,elle dormait dans son atelier, bercée par le souffle de la forge, éveillée par les coups de masse. Mais elle ne se plaignait jamais, et emmenait ses bêtes aux champs à l'aube, et les ramenait au couchant, avant que les portes ne se ferment.

Un jour, qu'elle revenait du champ, loin derrière la forêt, un sanglier en surgit, et tous les volatiles s'éparpillèrent dans la nature. Le pauvre mouton fut prit en chasse par l'animal, et la chèvre alla se coincer entre deux arbres.

Une fois le monstre partit, la petite fille chercha ses oies, et les attacha par le cou à l'arbre qui retenait la chèvre prisonnière. Elle partit ensuite à la recherche du mouton. Elle suivit ses traces qui plongeaient dans la forêt. Elle le chercha, l'appella, et quand, enfin, elle le trouva, ce fut dans un état grave. L'animal s'était cassé une patte. Altruiste, la petite fille déchira sa robe encore neuve pour faire un bandage au mouton. Puis elle le porta et voulut sortir de la forêt. Mais elle se perdit, et lorsqu'elle sortit, ce fut pour découvrir le village quelques centaines de mètres plus loin. Elle trottina tant bien que mal jusqu'au village, le mouton qui s'agitait dans les bras, mais lorsqu'elle y arriva, une bien mauvaise surprise l'attendait. Les portes étaient fermées. 

Elle tambourrina à l'une d'elle, et un soldat ouvrit un judas.
-Monsieur, s'il vous plait, c'est Alix, mon mouton est blessé, et je dois aller chercher les autres animaux, de l'autre côté, de la forêt, ouvrez moi, s'il vous plait.
-Je ne connais pas d'Alix, où as tu volé ces animaux?
-Mais je suis la gardienne d'oies!Je ne les ai pas volées! Je les avais attachées et je me suis perdue! Laissez moi rendre son mouton au boulanger, et j'irais chercher les autres.
-Tu es allée dans la forêt? Tu as maudis nos bêtes, et toi avec! Tu as voulu nous empoisonner et nous voler! Que jamais tu ne reviennes au village, si tu n'as pas l'argent pour te faire pardonner! gronda le soldat d'une voix terrible.
Et il ferma le judas.

La petite fille se mit à pleurer à chaudes larmes. Les ombres du village atteignaient presque la forêt, le soleil allait bientôt se coucher, et les loups bientôt sortir de leur tannière. Elle rassura le mouton avec une petite voix, et s'encourragea. Elle prit son courage à deux mains et pénétra dans la forêt. Les arbres se penchaient sur elle, l'attrapant de leurs griffes. Les feuilles mortes crissaient sous ses pas, et les animaux qui passaient en galopant entre ses jambes la faisait hurler de terreur. Mais il fallait qu'elle retrouve ses animaux, elle devait être près d'eux pour les rassurer. Elle suppliait le sanglier de ne pas être revenu à la charge, quand le mouton s'agita si fort qu'il tomba. La petite fille réussit à le rattraper, et lui ferma le museau de ses frêles mains.

Mais ce n'était pas les bruits qui avaient attiré les prédateurs... Entre les arbres, deux, six, douze, vingts paires d'yeux rouges luisaient dans le noir. Les loups! La petite fille retint sa respiration. Près de son coeur, le mouton ne bougeait plus. En cercles serrés, les loups se rapprochaient de leurs proies. Lorsqu'ils furent si serrés qu'ils ne formaient plus qu'un seul et unique anneau de fourrure d'un noir abyssal, la petite fille, terrorisée apperçut du sang sur la gueule de l'un d'entre eux. Ils avaient déjà attaqué les oies et la chèvre. Sachant sa dernière heure arrivée, elle se mit à pleurer.
Soudain, les loups s'arrêtèrent de tourner. Le plus gros se détacha de la meute, et s'approcha d'elle. Sa truffe chaude et humide de sang touchait presque le visage de la petite.
-S'il vous plait monsieur le loup, mangez moi, mais ne faîtes pas de mal à monsieur le mouton. Il est plus faible que moi...
Le loup recula sa tête. Sur son museau, il avait recueillit une minuscule pierre, qui brillait de milles feux, renvoyant la lumière de ses yeux en des milliers de taches sur la voute et la robe déchirée de l'enfant.

Alors, toute la meute s'inclina, y comprit le gros loup à la gueule ensanglantée qui lui parla en ces mots: 
- Noble fille de la Grande Fée aux larmes de Lumière, nous t'avons enfin retrouvée. Suis nous, et tu vivras une vie autrement plus belle que parmi tes ravisseurs.
La petite fille essuya ses yeux, et vis, pour la première fois, ses propres larmes. Des cristaux et des diamants recouvrait sa main, reflétant les lumières des loups. Les villageois l'avaient toujours maltraitée, battue. Mais ils l'avaient toujours empêchée de pleurer.
-Alors, je vous en prie monsieur le loup, si vous ne me mangez pas, ne mangez pas non plus mes animaux...
-Voulez vous que l'on aille vous les chercher, Noble enfant? demanda le monstre noir.

Tard dans la nuit, la petite fille revit sa mère pour la première fois depuis tant d'années. La Fée aux larmes de Lumière était d'une beauté éblouissante. Elle apprit à Alix qu'elle était le fruit de son amour d'avec un chevalier. Mais que leur séparation n'était que la faute de ces cupides villageois, qui voulaient la voir pleurer, pour récuperer tous ces diamants. Ils l'avaient enlevée, et avaient tué le chevalier. Se sachant prise, la Fée s'était jetté un sort, l'empèchant de pleurer ses fameuses larmes. Elles maudirent les villageois. 

Le lendemain, on trouva le village incendié, sans âme qui vive aucune. A des jours de marche, la soeur du forgeron. Elle s'installera dans un cottage éloigné d'un autre village.

A ceux qui la forceait, elle disait que son village avait été dévasté par les loups, et que le forgeron, son frère, était partit vivre avec la Fée aux larmes de Lumière et sa fille chérie.
Mais elle disait aussi que chacune des étoiles du ciel est une larme de joie de la mère et de sa fille réunies. 


Mais tout ce que disent les vieilles gens au coin du feu, dans les veillées, n'est pas forcément digne de foi...
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par Cha publié dans : Histoires communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 2 janvier 2008

Barbara alluma sa chaîne. Un son doux en sortit. Quelques notes de harpes, suivies d’une entrée de l’orchestre à cordes. Puis violoncelles. Et violon solo strident. Danse Macabre, Camille Saint-Saëns. 

Dans le grand salon, il y avait un tableau d’accroché. Pas assez beau pour se distinguer parmi les autres, ni assez grand. Mais il avait une telle force, une telle présence, que Barbara avait toujours rêvé de s’y trouver.

C’était des danseurs, danseurs d’un autre temps, immortalisés, comme en vie, figés dans la toile, avec des vêtements superbes et une salle magnifique, dans une sorte de mouvement indicible.

Lorsque le regard glissait sur cette toile, on pensait tout d’abord que le premier couple dansait vraiment, jusqu’à ce que l’on y revienne, et que l’on y découvre cette vie, cette valse immobile. 

Un jour que l’on lui faisait écouter une cassette de vieilleries stupides de grand-mère ringarde, Barbara eut l’impression de se retrouver dans le tableau, dans les bras de ce beau danseur aux cheveux noirs du premier plan. 

Elle sentait sur sa peau, le contact de la robe de soie rouge avec ce ruban qui lui entourait la taille ; sur sa nuque, les quelques mèches qu’une servante aurait par mégarde oublié alors qu’elle lui faisait cette splendide coiffure ; sur ses cheveux, posé ce si joli serre tête doré qu’elle avait tant voulut ; entre ses doigts, la douceur de ces gants vaporeux ; posée sur sa taille, la main si douce, et si puissante à la fois,de l’homme aux cheveux noirs, pour diriger une danse infinie et parfaite…

Depuis ce jour, lorsqu’elle broie du noir, ou simplement par plaisir, elle retourne dans le tableau, aux côtés de son amant de toile, en écoutant les douces notes de musique l’envoyer valser dans ses bras.

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par Cha publié dans : Histoires communauté : L'écriture dans tous ses états
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